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23.07.2008
et la terre enfanta
47 Chapitre6 La lumière glauque du petit jour pénétrant chichement à travers les vitres embuées du dortoir éveilla les dormeurs qui s'agitèrent en grognant.
Dans le couloir le cliquetis du chariot transportant les bols du petit-déjeuner acheva de les réveiller, tandis que l'odeur familière du café s'infiltrant sous la porte mal jointe sonna le branle-bas parmi les récalcitrants. Seul, l'un d'eux, le visage tourné vers le mur resta indifférent à ce remue-ménage.
- Eh! l'ami interpella son voisin de lit, c'est l'heure du jus !
L'autre, les yeux grands ouverts ne se retourna pas.
- Un peu toqué celui-là jugea son interlocuteur vexé, en vrillant son index contre sa tempe.
Trévor Mc Neil poussa la porte d'un pied négligent pour y faire pénétrer son chariot et comme à chaque fois heurta le montant, entrechoquant les bols et faisant déborder les récipients plein à ras bord.
Il habitait à quinze minutes de l'hôpital. Sportif, il aimait en toutes saisons se rendre à pied à son travail, en respirant à pleins poumons l'air vivifiant de l'aube, aussi fit-il une grimace en fronçant le nez d'un air dégoûté lorsqu'il pénétra dans le dortoir. Une atmosphère lourde chargée d'haleines fétides, de sueur et d'urine le frappa en plein visage et le fit se ruer vers une fenêtre qu'il ouvrit en grand, déclenchant les protestations des alités.
- Navré dit-il, mais ça sent le fauve ici.
Passant entre les lits, il distribua les bols de café aux invalides et posa sur une grande table en bois blanc tachée par de nombreux ronds noirs, deux cruchons et des bols destinés à ceux qui pouvaient se déplacer.
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