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22.07.2008

et la terre enfanta

45 Revenue à New-York, elle traîna une certaine langueur qui n'échappa pas à Janet, son amie. Celle-ci par son affectueuse présence et sa pétulance naturelle l'aida à se reprendre. Travaillant ensemble depuis deux ans dans le même établissement et s'appréciant mutuellement, les deux jeunes filles tissèrent des liens d'amitié qui les rendirent inséparables.
Lorsqu'un jour de repos les réunissait, elles aimaient se promener dans Central Park, insouciantes, riant de tout et de rien. Leur gaieté et leurs silhouettes juvéniles attiraient les regards masculins, et cela n'était pas pour leur déplaire, bien qu'elles ne répondissent pas aux hommages trop appuyés.
Leur entente sans nuage dura jusqu'à un certain jour où Janet, indisponible, ne put l'accompagner. Elle avait quand même décidé d'aller seule dans le grand parc. Il aurait été dommage de ne pas profiter du printemps exceptionnel de cette année-là qui faisait, avec quelques semaines d'avance, éclore les fleurs des arbustes dans une symphonie de couleurs pastels. Ces promenades quasi journalières lui étaients devenues indispensables pour son équilibre, car sans se l'avouer elle regrettait la campagne de son enfance, et se souvenait avec nostalgie des promenades champêtres d'où elle ramenait, outre des griffures sur les jambes, d'énormes bouquets.
Elle avait pris comme à l'accoutumée quelques croûtons de pain secs pour les jeter aux canards.

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