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19.07.2008
et la terre enfanta
43 Citadins de longue date, après l'euphorie de l'installation, ils eurent du mal à s'adapter à la vie campagnarde. Prenant les choses en mains, son père avait entrepris de redonner vie à cette bâtisse. Roselyn se rappelait ses efforts lorsqu'il rampait sur le toit moussu pour y gratter les tuiles, exercice périlleux pour son âge. Il aurait pu cent fois se rompre le cou. Elle se revoyait avec sa mère, la main en auvent sur les yeux pour s'abriter de l'ardent soleil d'été, suivant d'un regard anxieux sa dangereuse activité et l'abreuvant de conseils de prudence.
Roselyn était née alors que le couple déjà âgé n'espérait plus avoir d'enfant. Parents à l'âge d'être grands-parents, ils élevèrent leur fille dans un cocon trop ouaté. Bien qu'à l'époque ce ne fut pas dans l'air du temps, l'adolescente avait lutté de toutes ses forces pour s'affranchir de leur tendresse envahissante et décidé d'apprendre un métier qui assurerait son indépendance.
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et la terre enfanta
42 L'enthousiasme, les banderoles élogieuses et la foule acclamant les engagés s'étaient dilués dans une sorte d'oubli.
Un soleil timide perça les nuages, redonnant un peu de couleur à son blues passager. Puisque l'après-midi était à peine entamée, Roselyn décida de se rendre à l'hôpital. Elle ferait ainsi connaissance avec le service auquel elle serait affectée.
Pour paraître plus convenable et sécher ses cheveux, elle défit le reste de son chignon, libérant une lourde chevelure brune, redevenant en un instant la jeune femme séduisante qu'elle avait été, il y avait si longtemps lui semblait-il.
En fait, juste avant qu'elle ne connaisse Peter. Une si banale rencontre, qu'elle avait cru providentielle, juste après la perte de ses parents, disparus à six mois d'intervalle.
D'abord, la mort tragique de son père qu'un promeneur avait retrouvé noyé dans un trou d'eau, sans doute victime d'un malaise. Le matin même il était parti plein d'entrain, muni de ses deux cannes à pêche, histoire de passer le temps, et il en avait beaucoup à lui depuis qu'il était à la retraite.
Ses parents habitaient dans un petit village du Connecticut à Easton, où ils s'étaient retirés à l'aube de leur vieillesse. Après la vie trépidante qu'ils avaient menés dans un New-York devenu tentaculaire, ils aspiraient à un peu de calme. Située un peu à l'écart des habitations, ils avaient découvert lors d'une promenade cette maison aux tuiles brunes, enfouie sous une végétation débordante. Emballés par leur coup de coeur, ils étaient devenus en deux semaines les heureux propriétaires de cette ancienne ferme.
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