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26.05.2008
et la terre enfanta
20 Chapitre 3
Joséphine se réveilla de très bonne humeur. Elle émergea des brumes de la nuit avec cette pensée réjouissante : Louis revient bientôt en permission.
Entourée encore par le silence feutré de l'aube, juste avant que ne retentissent les premières trilles des oiseaux, saluant la naissance du jour, elle savoure sa joie, la fait éclater en myriade de bulles de bonheur. Pour l'heure, petites boules de plumes ébouriffées, les moineaux se blottissent au plus profond de la haie du jardin, tout comme le reste de la maisonnée encore endormie.
Engourdi par l'absence de son amour, son jeune corps exulte au souvenir précis de leurs caresses et de leurs étreintes si brèves.
Elle a reçu hier une carte de Louis, après un silence de quinze longs jours, pendant lesquels elle s'était "rongée les sangs", imaginant le pire, ces mots magiques lui redonnaient la joie de vivre :
- Ma douce, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer, dans une dizaine de jours je serai près de toi, je t'aime Louis.
Cette carte lue et relue, posée le soir entre l'oreiller et sa joue, gisait un peu froissée entre les draps. Elle alluma sa chandelle, et à la lueur tremblotante contempla en souriant l'image représentant un poilu dans son uniforme bleu horizon tout neuf. La main sur le coeur, il déclamait des vers de mirliton à sa belle. Elle rit moqueuse, Louis avait dû prendre la première carte tombée par hasard sous sa main, car elle lui connaissait un certain goût artistique, mais tout de suite elle s'en voulut pour cette pensée idiote et chassa loin d'elle cette stupide dérision.
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