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12.05.2008
et la terre enfanta
10 Depuis plusieurs semaines la guerre s'enlise dans une sorte d'attentisme qui met les nerfs à rude épreuve. Ordres et contre-ordres se succèdent. Terrés dans leur trou, ils attendent que l'on dispose de leur vie, tandis que plutôt mal que bien l'intendance s'organise.
- Je me demande ce qu'ils nous préparent râla Jules Carton, un petit homme râblé qui malgré une jambe plus courte que l'autre avait été envoyé en première ligne. Il courrait des rumeurs sur son compte, une sanction disciplinaire l'aurait, parait-il, propulsé à son corps défendant sur le devant de la scène, l'homme était un irascible et les autres s'en méfiaient.
- Ils écourtent notre repos, pourquoi je te le demande, hein ! tu ne trouves pas Berthier insista t-il.
Louis haussa les épaules, fataliste, un mal de tête insidieux lui taraudait le crâne :
-J'ai sûrement pris froid songea t-il en resserrant le cache-nez de grosse laine que Joséphine lui avait envoyé dans son dernier colis.
Dans la tranchée, malgré le calme apparent des petits canons serrés les uns contre les autres, une animation inhabituelle régnait, faite de va et vient et de conciliabules.
- C'est pour bientôt un convoi de munitions vient nous ravitailler, la danse ne va pas tarder à commencer, y aura de la gnole ce soir fanfaronna Masson
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